Publié le 11 Avril 2021

Jn 20, 19-31

Ce dimanche, c’est Pâques ! L’évangile nous raconte deux récits très semblables qui nous placent le soir de Pâques, le premier jour de la semaine, et huit jour plus tard, le premier jour de la semaine suivante. Déjà ces simples mentions de temps sont porteuses de sens.

Tout se passe donc le dimanche. Cela reste vrai pour tous les chrétiens du monde entier, de toutes confessions, de chaque époque de l’histoire. Le dimanche, premier jour de la semaine, les disciples sont réunis. Le jour de Pâques et encore le dimanche suivant, les portes sont verrouillées, par peur des juifs. Jésus a été exécuté, Pierre a été repéré comme disciple (il a bien essayé de nier mais…). Aujourd’hui encore, les portes sont parfois fermées. Parce que la pandémie et les règles sanitaires interdisent ou rendent quasi impossible de se réunir. Parfois, ce sont nos portes intérieures qui sont verrouillées par différentes peur.

Chacun des dimanches décrits dans cet évangile et depuis, tous les dimanche que Dieu fait, Jésus vient et se tient au milieu d’eux, donc, aujourd’hui ,au milieu de nous. Parfois je me demande si nous ne l’oublions pas. C’est pourtant extraordinaire : Jésus ressuscité vient au milieu de nous lorsque nous nous réunissons le dimanche, quand nous faisons assemblée (car c’est bien lui qui nous convoque).

Le premier don du ressuscité, c’est la paix ! « La paix soit avec vous ! » (trois fois dans ce passage). Pour témoigner du ressuscité, nous devrons être messagers de sa Paix, être porteurs de paix. « Heureux les artisans de paix » avait dit Jésus au début de son ministère. Et Jésus envoie ses disciples continuer sa mission. Pour cela il leur donne son Esprit.

Les disciples ne sont pas des pantins, des marionnettes. Et le don de l’Esprit n’est pas un tour de magie. Du côté des disciples, de notre côté, il nous faut croire, avoir la foi. Ce qui nous est illustré par notre jumeau, ce cher Thomas, bien concret, terre à terre, on dirait un esprit scientifique. On ne lui en conte pas, il lui faut des preuves. Il veut voir et toucher par lui-même ce Ressuscité que les autres prétendent avoir vu (ce qui les a remplis de joie, alors qu’un texte de cette semaine nous les montrait affligés, en train de pleurer !).

Jésus revient donc huit jour plus tard, la scène est la même sauf que Thomas est présent. Jésus sait quelle a été sa réaction. Il ne s’en offusque pas, au contraire, il appelle Thomas, lui montre ses mains et son côté, comme il l’a fait pour les autres. Et pour le rejoindre, il l’invite à toucher. Mais Jésus lui dit gentiment que ce chemin n’est pas le bon. Vérifier, toucher… Jésus Ressuscité l’invite, nous invite à la foi. « Cesse d’être incrédule, sois croyant ». Et tout à coup, Thomas franchit le pas, il va même plus loin que les autres disciples. Il ne se contente pas de se réjouir d’avoir retrouvé son maître, quelqu’un qu’il aime, avec qui il a vécu déjà des années denses. Thomas reconnaît la divinité de Jésus : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » C’est le cri de la foi.

Jésus l’encourage et a aussi un pensée pour nous, mieux, il énonce pour nous une béatitude : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » Et ceux là sont bien plus nombreux que les douze et les disciples dont les femmes qui ont suivi Jésus. L’évangéliste souligne que c’est pour ces croyants à venir qu’il a écrit. Il souhaite aider, nous aider à croire, comme Thomas, que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu.

Croire n’est pas simplement adhérer à une doctrine ou une idéologie. Croire n’est pas s’inscrire à un parti ou un mouvement. La foi n’est pas une philosophie. Croire, c’est rencontrer Jésus ressuscité, reconnaître en lui le Christ, le Messie, l’Envoyé de Dieu, plus encore, le Fils de Dieu. Croire est source de vie, car en croyant, nous dit Jean, nous avons la vie par le nom de Jésus, par Jésus lui-même donc ,puisque le nom c’est la personne. Nous vivons de la Vie de Dieu. Telle est notre foi.

« La Paix soit avec nous » !

 

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 4 Avril 2021

Aquarelle de Lodes Keustermans

Aquarelle de Lodes Keustermans

Mc 16, 1-7

 

Lors de la proclamation de l’évangile, cette nuit, j’ai eu l’attention attirée par ceci : « Il vous précède en Galilée » ! Rien d’original, me direz-vous. Pourtant…

Les femmes arrivent au tombeau avec de quoi embaumer le corps. Elles se demandent sur qui compter pour retirer la lourde pierre qui ferme le sépulcre et voilà que c’est déjà fait, mais – Horreur ! – la tombe est vide. En fait non. Au lieu d’un mort, elles voient un jeune homme vêtu de blanc. Un ange donc. Oui, mais chez s. Marc, nous avions déjà rencontré un jeune homme lors de l’arrestation de Jésus. Il avait préféré laissé tomber son vêtement et s’enfuir tout nu. Le revoici, dans le tombeau de Jésus et vêtu de blanc. Un néophyte donc, tout fraîchement baptisé lors de la veillé pascale : il a déposé son vêtement ancien, sa vie ancienne, sans Dieu, sans foi, il est mort avec Jésus, il est même dans sa tombe et il est ressuscité avec Lui, son vêtement blanc atteste qu’il appartient désormais au monde de Dieu.

Ce jeune baptisé témoigne, transmet un message aux femmes. Il les rassure, comme dans toute intervention céleste (en cela, il est plutôt ange), et, surtout, les envoie en mission auprès des disciples et auprès de Pierre, chef des Apôtres. Jésus n’est pas là, pas dans ce tombeau. Il est ressuscité !

Ça, c’est le message inouï, inattendu. Christ est ressuscité ! Nous, nous le savons depuis notre enfance, nous baignons dedans depuis toujours. Imaginez pour les femmes, pour les apôtres ! C’était inimaginable. D’ailleurs, il leur faudra du temps pour croire, comprendre et enfin l’annoncer !

Remarquez un point étonnant. Moi, je me serais attendue à ce que le jeune homme, au nom de Jésus, dise aux femmes : allez vite chercher les apôtres, qu’ils viennent voir ici. Quand il se passe quelque chose d’extraordinaire, la foule se rassemble au lieu du phénomène étrange qui attire. Ici, le mouvement est inverse. « Il vous précède en Galilée ! »

Donc Jésus nous invite à tourner le dos au tombeau, à ne même pas y aller. Non pas pour fuir la mort, dans un mouvement de peur, de rejet. Non, la mort est vaincue, dépassée, traversée, tuée par Jésus, Vainqueur, Il nous invite à aller, à ne pas stagner, à ne pas regarder vers la mort, mais à le suivre Lui, la Vie.

De plus, Jésus précède les disciples en Galilée. C’est le lieu où ils ont vécu ensemble (la maison de Capharnaüm), où s’est déroulé l’essentiel de la mission de Jésus. Celui-ci a vécu à Nazareth, plusieurs de ses disciples sont pêcheurs sur la mer de Galilée… Donc le Ressuscité les précède chez eux (et chez lui), il leur fixe rendez-vous là. Il ne nous déracine pas, il nous retrouve là d’où nous sommes. Mais surtout, il nous précède. Partout, le Ressuscité nous précède. Il est le Maître, nous le suivons, nous les disciples ; nous mettons nos pas dans les siens. Comme c’est rassurant ! Jamais il ne nous laisse ni ne nous envoie dans l’inconnu qui risque de nous déstabiliser. Non, nous pouvons avancer en paix, Il est là, Jésus ressuscité nous précède. Toujours, où que nous conduise la vie, Jésus est déjà là qui nous précède, qui nous attends. Nous ne sommes jamais seuls, livrés à nous-mêmes. Le Ressuscité nous invite à le rejoindre, dans la Vie, sa Vie !

Ils sont finis, les jours de la Passion,

Suivons les pas du Ressuscité,

Il nous précède en Galilée !

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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