Dimanche des Rameaux et de la Passion

Publié le 28 Mars 2021

Mc 11, 1-10 ; Is 50, 4-7 ; Ps 2 ; Ph 2, 6-11 ; Mc 14, 1 – 15, 47

 

Que de contrastes en ce jour : douceur, rudesse ; acclamations de louange joyeuse, cris réclamant la mort. Enchâssé au milieu, l’hymne aux philippiens… Bien de joyaux à méditer nous sont donnés en toutes ces lectures.

 

L’hymne que le père Didier Rimaud a écrite pour la Liturgie des Heures de ce jour rend bien ces contrastes. Elle est une excellente méditation de nos lectures. En voici deux strophes :

 

Voici que s’ouvrent pour le Roi

les portes de la Ville :

Hosanna ! Béni sois-tu, Seigneur !

Pourquoi fermerez-vous sur moi

la pierre du tombeau,

dans le jardin ?

 

R/ Dieu Sauveur, oublie notre péché,

Mais souviens-toi de ton amour

Quand tu viendras dans ton Royaume.

 

Je viens, monté sur un ânon,

En signe de ma gloire :

Hosanna ! Béni sois-tu, Seigneur !

Pourquoi me ferez-vous sortir

Au rang des malfaiteurs,

Et des maudits ?                                            (H 96)

 

Saint Marc semble particulièrement frappé par ce détail : l’ânon sur lequel Jésus monte pour entrer à Jérusalem. Saint Jean (qu’on peut prendre, c’est au choix) dit clairement que Jésus s’est assis sur l’ânon « comme il est écrit ». Et il cite le prophète Zacharie 9, 9 (en s’inspirant au début d’Isaïe 10,24). Marc, lui, ne le dit pas mais souligne 4 fois le fait qu’il s’agit d’un petit âne, sur lequel personne ne s’est encore assis. C’est un peu comme l’agneau à offrir qui doit être de l’année, sans tache. On offre au Seigneur ce qu’on a de meilleur, pas une bête boiteuse dont on veut se débarrasser. Il y a aussi quelque chose de frais, je dirais printanier, dans l’innocence de cet ânon qui n’a pas encore servi. Cela me fait penser à l’Apocalypse : « Voici que je fais toutes choses nouvelles ». Tout est nouveau dans ce livre qui chante la victoire du Ressuscité. Ici, nous sommes à la veille de la Passion, les juifs vont bientôt fêter la Pâque, manger les pains sans levain, en souvenir de la sortie d’Égypte. Mais l’Agneau va définitivement prendre la place des agneaux qu’on offrait chaque année. Jésus va accomplir pleinement la Pâque (saint Paul écrira : « Christ notre Pâque a été immolé ! »), définitivement. Tout cela est déjà discrètement annoncé par ce petit âne. Ce n’est pas une simple image douce, le petit âne qui attire les enfant. Ici l’âne, le petit âne qui n’a jamais servi signifie l’innocence, le service, la faiblesse.

Zacharie annonçait un roi :

« Exulte de toutes tes forces, fille de Sion !

Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem !

Voici ton roi qui vient à toi :

Il est juste et victorieux,

Pauvre et monté sur un âne,

Un ânon, le petit d’une ânesse. »

L’hymne le relève bien, c’est en roi que Jésus entre à Jérusalem. La foule en liesse acclame celui qui va la délivrer du joug des romains, pense-t-elle. Le reste de l’oracle de Zacharie peut le lui donner à penser, en effet. Mais tant pour Zacharie que pour Jésus et aussi Marc qui insiste sur le « petit âne », ce qui est clair c’est la disproportion. On connait la force de l’armée romaine, ses conquêtes. Que peut contre elle un roi sans armes, juché sur un petit âne ? C’est ridicule ! Oui, aux yeux humains. Ce que ce texte révèle, c’est que c’est Dieu qui est roi, c’est lui qui juge le monde, qui peut combattre l’Empereur et sa célèbre légion ! Mais le vrai ennemi à abattre, c’est plus qu’Auguste ou César, c’est le Mal et sa complice, la Mort. Jésus les vaincra définitivement, totalement par sa propre mort, le don de sa vie par Amour. Alors, avec le Centurion, nous pourrons dire : « Vraiment, cet homme était fils de Dieu ! »

 

Sr Annick

Rédigé par Sr Annick Somville

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