Publié le 11 Avril 2021

Jn 20, 19-31

Ce dimanche, c’est Pâques ! L’évangile nous raconte deux récits très semblables qui nous placent le soir de Pâques, le premier jour de la semaine, et huit jour plus tard, le premier jour de la semaine suivante. Déjà ces simples mentions de temps sont porteuses de sens.

Tout se passe donc le dimanche. Cela reste vrai pour tous les chrétiens du monde entier, de toutes confessions, de chaque époque de l’histoire. Le dimanche, premier jour de la semaine, les disciples sont réunis. Le jour de Pâques et encore le dimanche suivant, les portes sont verrouillées, par peur des juifs. Jésus a été exécuté, Pierre a été repéré comme disciple (il a bien essayé de nier mais…). Aujourd’hui encore, les portes sont parfois fermées. Parce que la pandémie et les règles sanitaires interdisent ou rendent quasi impossible de se réunir. Parfois, ce sont nos portes intérieures qui sont verrouillées par différentes peur.

Chacun des dimanches décrits dans cet évangile et depuis, tous les dimanche que Dieu fait, Jésus vient et se tient au milieu d’eux, donc, aujourd’hui ,au milieu de nous. Parfois je me demande si nous ne l’oublions pas. C’est pourtant extraordinaire : Jésus ressuscité vient au milieu de nous lorsque nous nous réunissons le dimanche, quand nous faisons assemblée (car c’est bien lui qui nous convoque).

Le premier don du ressuscité, c’est la paix ! « La paix soit avec vous ! » (trois fois dans ce passage). Pour témoigner du ressuscité, nous devrons être messagers de sa Paix, être porteurs de paix. « Heureux les artisans de paix » avait dit Jésus au début de son ministère. Et Jésus envoie ses disciples continuer sa mission. Pour cela il leur donne son Esprit.

Les disciples ne sont pas des pantins, des marionnettes. Et le don de l’Esprit n’est pas un tour de magie. Du côté des disciples, de notre côté, il nous faut croire, avoir la foi. Ce qui nous est illustré par notre jumeau, ce cher Thomas, bien concret, terre à terre, on dirait un esprit scientifique. On ne lui en conte pas, il lui faut des preuves. Il veut voir et toucher par lui-même ce Ressuscité que les autres prétendent avoir vu (ce qui les a remplis de joie, alors qu’un texte de cette semaine nous les montrait affligés, en train de pleurer !).

Jésus revient donc huit jour plus tard, la scène est la même sauf que Thomas est présent. Jésus sait quelle a été sa réaction. Il ne s’en offusque pas, au contraire, il appelle Thomas, lui montre ses mains et son côté, comme il l’a fait pour les autres. Et pour le rejoindre, il l’invite à toucher. Mais Jésus lui dit gentiment que ce chemin n’est pas le bon. Vérifier, toucher… Jésus Ressuscité l’invite, nous invite à la foi. « Cesse d’être incrédule, sois croyant ». Et tout à coup, Thomas franchit le pas, il va même plus loin que les autres disciples. Il ne se contente pas de se réjouir d’avoir retrouvé son maître, quelqu’un qu’il aime, avec qui il a vécu déjà des années denses. Thomas reconnaît la divinité de Jésus : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » C’est le cri de la foi.

Jésus l’encourage et a aussi un pensée pour nous, mieux, il énonce pour nous une béatitude : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » Et ceux là sont bien plus nombreux que les douze et les disciples dont les femmes qui ont suivi Jésus. L’évangéliste souligne que c’est pour ces croyants à venir qu’il a écrit. Il souhaite aider, nous aider à croire, comme Thomas, que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu.

Croire n’est pas simplement adhérer à une doctrine ou une idéologie. Croire n’est pas s’inscrire à un parti ou un mouvement. La foi n’est pas une philosophie. Croire, c’est rencontrer Jésus ressuscité, reconnaître en lui le Christ, le Messie, l’Envoyé de Dieu, plus encore, le Fils de Dieu. Croire est source de vie, car en croyant, nous dit Jean, nous avons la vie par le nom de Jésus, par Jésus lui-même donc ,puisque le nom c’est la personne. Nous vivons de la Vie de Dieu. Telle est notre foi.

« La Paix soit avec nous » !

 

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 4 Avril 2021

Aquarelle de Lodes Keustermans

Aquarelle de Lodes Keustermans

Mc 16, 1-7

 

Lors de la proclamation de l’évangile, cette nuit, j’ai eu l’attention attirée par ceci : « Il vous précède en Galilée » ! Rien d’original, me direz-vous. Pourtant…

Les femmes arrivent au tombeau avec de quoi embaumer le corps. Elles se demandent sur qui compter pour retirer la lourde pierre qui ferme le sépulcre et voilà que c’est déjà fait, mais – Horreur ! – la tombe est vide. En fait non. Au lieu d’un mort, elles voient un jeune homme vêtu de blanc. Un ange donc. Oui, mais chez s. Marc, nous avions déjà rencontré un jeune homme lors de l’arrestation de Jésus. Il avait préféré laissé tomber son vêtement et s’enfuir tout nu. Le revoici, dans le tombeau de Jésus et vêtu de blanc. Un néophyte donc, tout fraîchement baptisé lors de la veillé pascale : il a déposé son vêtement ancien, sa vie ancienne, sans Dieu, sans foi, il est mort avec Jésus, il est même dans sa tombe et il est ressuscité avec Lui, son vêtement blanc atteste qu’il appartient désormais au monde de Dieu.

Ce jeune baptisé témoigne, transmet un message aux femmes. Il les rassure, comme dans toute intervention céleste (en cela, il est plutôt ange), et, surtout, les envoie en mission auprès des disciples et auprès de Pierre, chef des Apôtres. Jésus n’est pas là, pas dans ce tombeau. Il est ressuscité !

Ça, c’est le message inouï, inattendu. Christ est ressuscité ! Nous, nous le savons depuis notre enfance, nous baignons dedans depuis toujours. Imaginez pour les femmes, pour les apôtres ! C’était inimaginable. D’ailleurs, il leur faudra du temps pour croire, comprendre et enfin l’annoncer !

Remarquez un point étonnant. Moi, je me serais attendue à ce que le jeune homme, au nom de Jésus, dise aux femmes : allez vite chercher les apôtres, qu’ils viennent voir ici. Quand il se passe quelque chose d’extraordinaire, la foule se rassemble au lieu du phénomène étrange qui attire. Ici, le mouvement est inverse. « Il vous précède en Galilée ! »

Donc Jésus nous invite à tourner le dos au tombeau, à ne même pas y aller. Non pas pour fuir la mort, dans un mouvement de peur, de rejet. Non, la mort est vaincue, dépassée, traversée, tuée par Jésus, Vainqueur, Il nous invite à aller, à ne pas stagner, à ne pas regarder vers la mort, mais à le suivre Lui, la Vie.

De plus, Jésus précède les disciples en Galilée. C’est le lieu où ils ont vécu ensemble (la maison de Capharnaüm), où s’est déroulé l’essentiel de la mission de Jésus. Celui-ci a vécu à Nazareth, plusieurs de ses disciples sont pêcheurs sur la mer de Galilée… Donc le Ressuscité les précède chez eux (et chez lui), il leur fixe rendez-vous là. Il ne nous déracine pas, il nous retrouve là d’où nous sommes. Mais surtout, il nous précède. Partout, le Ressuscité nous précède. Il est le Maître, nous le suivons, nous les disciples ; nous mettons nos pas dans les siens. Comme c’est rassurant ! Jamais il ne nous laisse ni ne nous envoie dans l’inconnu qui risque de nous déstabiliser. Non, nous pouvons avancer en paix, Il est là, Jésus ressuscité nous précède. Toujours, où que nous conduise la vie, Jésus est déjà là qui nous précède, qui nous attends. Nous ne sommes jamais seuls, livrés à nous-mêmes. Le Ressuscité nous invite à le rejoindre, dans la Vie, sa Vie !

Ils sont finis, les jours de la Passion,

Suivons les pas du Ressuscité,

Il nous précède en Galilée !

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 3 Avril 2021

Aquarelle de Lodes Keustermans

Aquarelle de Lodes Keustermans


Voici le septième jour.
Le Serviteur repose au tombeau :
Il a fini l’œuvre de son Père.
La mort se referme sur la Vie.
Jour de grand silence.


Il dort, le Maître des jours.
Le Roi de gloire a rejoint l’Hadès :
Élevez-vous, portes éternelles !
« Adam, lève-toi, reçois la Vie ! »
Jour de grand silence.


Il vient, le huitième jour.
Demain se lève le Premier-né :
Que les veilleurs guettent sa lumière !
La mort ne peut pas vaincre la Vie.
Jour de l’espérance.

 

CFC (s. Marie-Paule)
2007

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 1 Avril 2021

À Cana, Jésus avait dit à Marie, sa mère, au début de sa vie publique, « mon heure n’est pas venue ». Cette fois-ci, avant la fête de la Pâque, Jésus sait que son heure est venue. C’est l’heure du dénouement du drame qu’on a vu se tisser au fil de l’évangile, se resserrer de plus en plus ces derniers jours. C’est l’heure de la Passion. Jésus sait qu’il va vers la mort. C’est l’heure de passer de ce monde à son Père. Passer, pessah, Pâque. Jésus va accomplir pleinement, définitivement la Pâque.

La Pâque célèbre la sortie d’Egypte. Dieu s’était révélé libérateur. À présent, Jésus révèle Dieu comme son Père et leur dessein commun d’amour, je dirais, comme saint Jean ailleurs, leur être même qui est Amour. « Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde …», on retrouve un peu le prologue, Noël. Déjà tout était dit : « Le Verbe était la vraie Lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. » L’Apocalypse l’a bien compris aussi et l’exprime dès le départ dans la bénédiction trinitaire : « À lui qui nous aime, qui nous a délivré de nos péchés par son sang ».

Il nous est bon que saint Jean ai placé cela comme en ouverture de la Passion. Nous ne pouvons vivre et comprendre ce que nous allons célébrer, entendre comme lectures, parfois si dures que cela peut être lourd, pénible pour certains, qu’en ayant toujours  bien clair dans notre esprit et notre cœur : là se révèle l’Amour de Dieu Père et Fils, dans l’Esprit (il n’est pas nommé mais c’est lui ce mouvement d’Amour qui les unit). La Passion n’est pas une horrible tragédie. Elle n’est pas un échec lamentable (celui qui semblait être le Messie attendu, pendu au bois du supplice, donc un maudit !). Elle n’est pas non plus un affreux sacrifice de Jésus à une divinité cruelle qui aurait exigé cela de lui. Non c’est un dessein d’amour, avec le consentement des deux, la souffrance des deux, Père et Fils. La Passion révèle cet amour de Jésus jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême : « Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » !

Maintenant que l’heure est venue, Jésus ne cache plus sa divinité. Fini le secret messianique (si présent chez un saint Marc). Jésus sait « que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu ». De nouveau, dans ce exposé solennel de saint Jean, on retrouve le Prologue : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu ». Nous voyons Jésus dans toute la lumière de sa grandeur divine.

Jésus sait aussi que le diable s’est introduit dans le cœur de Judas, l’a pris sous son emprise, et lui a soufflé ce projet terrible de le livrer. C’est donc bien l’affrontement entre le mal, la mort et Dieu, la vie, qui va se jouer lors de la Passion.

Jean venait de dire de Jésus qu’il s’en va vers Dieu et que voyons-nous ? Jésus se lève de table, prenant le rôle d’un esclave, il va… vers les siens, vers les disciples, parmi lesquels se trouve Judas ! C’est en aimant, en servant, en se faisant le plus petit que Jésus va vers son Père.

Jésus dépose son vêtement. Sorte d’anticipation de la Passion, puisqu’il sera dépouillé de ses vêtements avant d’être crucifié. Comme Marie de Béthanie en versant du parfum sur les pieds de Jésus avait préfiguré son ensevelissement. Les deux mosaïques de Rupnik mises côte à côté lundi lors de la prière des consacrés montraient la similitude des gestes, Jésus courbé devant Pierre pour lui laver les pieds et Marie courbée devant Jésus lui baignant les pieds de parfum, les essuyant de ses cheveux. Amour et humilité des deux côtés. Annonce de la Passion aussi.

Pour nous, de plus, annonce du baptême : eau et huile parfumée. Rien d’étonnant à ce qu’on baptise la nuit pascale depuis les premiers siècles ! Le baptême est notre ensevelissement avec le Christ et notre résurrection avec Lui.

Pour nous aussi, Jésus trace la route. Il rappelle qui Il est, « Maître » et « Seigneur ». De nouveau solennité, afin de nous faire percevoir ce qu’il attend de nous. « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » Suivre le Christ, être disciple, être baptisé, c’est s’engager à aimer, jusqu’au bout. C’est en aimant, en servant, en se faisant les plus petits comme Jésus que nous irons avec Lui vers son Père.

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 28 Mars 2021

Mc 11, 1-10 ; Is 50, 4-7 ; Ps 2 ; Ph 2, 6-11 ; Mc 14, 1 – 15, 47

 

Que de contrastes en ce jour : douceur, rudesse ; acclamations de louange joyeuse, cris réclamant la mort. Enchâssé au milieu, l’hymne aux philippiens… Bien de joyaux à méditer nous sont donnés en toutes ces lectures.

 

L’hymne que le père Didier Rimaud a écrite pour la Liturgie des Heures de ce jour rend bien ces contrastes. Elle est une excellente méditation de nos lectures. En voici deux strophes :

 

Voici que s’ouvrent pour le Roi

les portes de la Ville :

Hosanna ! Béni sois-tu, Seigneur !

Pourquoi fermerez-vous sur moi

la pierre du tombeau,

dans le jardin ?

 

R/ Dieu Sauveur, oublie notre péché,

Mais souviens-toi de ton amour

Quand tu viendras dans ton Royaume.

 

Je viens, monté sur un ânon,

En signe de ma gloire :

Hosanna ! Béni sois-tu, Seigneur !

Pourquoi me ferez-vous sortir

Au rang des malfaiteurs,

Et des maudits ?                                            (H 96)

 

Saint Marc semble particulièrement frappé par ce détail : l’ânon sur lequel Jésus monte pour entrer à Jérusalem. Saint Jean (qu’on peut prendre, c’est au choix) dit clairement que Jésus s’est assis sur l’ânon « comme il est écrit ». Et il cite le prophète Zacharie 9, 9 (en s’inspirant au début d’Isaïe 10,24). Marc, lui, ne le dit pas mais souligne 4 fois le fait qu’il s’agit d’un petit âne, sur lequel personne ne s’est encore assis. C’est un peu comme l’agneau à offrir qui doit être de l’année, sans tache. On offre au Seigneur ce qu’on a de meilleur, pas une bête boiteuse dont on veut se débarrasser. Il y a aussi quelque chose de frais, je dirais printanier, dans l’innocence de cet ânon qui n’a pas encore servi. Cela me fait penser à l’Apocalypse : « Voici que je fais toutes choses nouvelles ». Tout est nouveau dans ce livre qui chante la victoire du Ressuscité. Ici, nous sommes à la veille de la Passion, les juifs vont bientôt fêter la Pâque, manger les pains sans levain, en souvenir de la sortie d’Égypte. Mais l’Agneau va définitivement prendre la place des agneaux qu’on offrait chaque année. Jésus va accomplir pleinement la Pâque (saint Paul écrira : « Christ notre Pâque a été immolé ! »), définitivement. Tout cela est déjà discrètement annoncé par ce petit âne. Ce n’est pas une simple image douce, le petit âne qui attire les enfant. Ici l’âne, le petit âne qui n’a jamais servi signifie l’innocence, le service, la faiblesse.

Zacharie annonçait un roi :

« Exulte de toutes tes forces, fille de Sion !

Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem !

Voici ton roi qui vient à toi :

Il est juste et victorieux,

Pauvre et monté sur un âne,

Un ânon, le petit d’une ânesse. »

L’hymne le relève bien, c’est en roi que Jésus entre à Jérusalem. La foule en liesse acclame celui qui va la délivrer du joug des romains, pense-t-elle. Le reste de l’oracle de Zacharie peut le lui donner à penser, en effet. Mais tant pour Zacharie que pour Jésus et aussi Marc qui insiste sur le « petit âne », ce qui est clair c’est la disproportion. On connait la force de l’armée romaine, ses conquêtes. Que peut contre elle un roi sans armes, juché sur un petit âne ? C’est ridicule ! Oui, aux yeux humains. Ce que ce texte révèle, c’est que c’est Dieu qui est roi, c’est lui qui juge le monde, qui peut combattre l’Empereur et sa célèbre légion ! Mais le vrai ennemi à abattre, c’est plus qu’Auguste ou César, c’est le Mal et sa complice, la Mort. Jésus les vaincra définitivement, totalement par sa propre mort, le don de sa vie par Amour. Alors, avec le Centurion, nous pourrons dire : « Vraiment, cet homme était fils de Dieu ! »

 

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 21 Mars 2021

Jr 31, 31-34; Ps 50; He 5, 7-9; Jn 12, 20-33

Notre Seigneur Jésus est franchement déroutant. On pourrait même croire qu’il n’écoute pas ! Nous sommes à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Jésus a été acclamé par la foule (ce sera pour dimanche prochain). Ce sont peut-être ces cris qui l’ont rendu distrait, qui expliqueraient son attitude ? Car des grecs, des païens sympathisants de la foi juive, abordent Philippe et lui font part d’un souhait, qui nous semble noble et que nous pouvons faire nôtre : voir Jésus. Philippe, sans doute conscient de l’importance de la demande, de sa beauté aussi, en parle à André avant d’aborder Jésus avec lui. Il me semble qu’ils devaient être touchés que des personnes souhaitent voir, faire la connaissance de leur maître. Mais Jésus, lui, où a-t-il donc la tête ? « L’Heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié » ! Quel rapport avec la demande des grecs, relayée par Philippe et André ?

            A la différence des apôtres, nous savons, nous, pour avoir lu l’évangile jusqu’à la fin, ce que signifie l’Heure chez saint Jean. Jésus est résolument tourné vers sa Passion qui approche, vers l’aboutissement de sa mission sur terre. Il ne peut qu’être en décalage avec son entourage. C’est bien le moment de venir le voir. Voir quoi ? Voir qui ? À ce stade, il ne peut qu’y avoir méprise. Il faut que le drame se dénoue d’abord.

            Voir Jésus comme une vedette, un personnage connu, dont on parle dans les journaux, très peu pour lui et ça n’aurait aucun sens. Il invite plutôt ceux qui veulent le voir, à le servir et à le suivre. Ça il l’a déjà dit, au début de l’évangile, aux premiers disciples. Mais à présent, ça se corse, au plus exactement, le chemin se précise. Comme le grain qui meurt pour donner du fruit, Jésus s’apprête à donner sa vie pour nous sauver et il invite ses serviteurs à le suivre jusque-là, à le préférer à leur propre vie, à être avec Lui, là où il est.

            Cette demande de Jésus à ses disciples s’assortit d’une extraordinaire promesse. «  Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera ». Celui qui sert Jésus entre dans le mouvement de don réciproque qu’est la Trinité. Ce qui n’est pas sans souffrance, même pour Jésus. « Mon âme est bouleversée ». Ce ne sont pas des mots. Dans le style propre à Jean, nous retrouvons la prière et l’angoisse de Jésus à Gethsémani chez S. Marc (ce sera aussi pour dimanche prochain). Jésus, pleinement humain ne va pas vers sa passion facilement. C’est une sorte de combat intérieur. Il l’évoque. Va-t-il demander à son Père de le sauver de cette heure, de lui épargner la souffrance et la mort ? La réponse claque, ferme : Non ! « C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ». Jésus n’est pas venu pour souffrir, mais l’Incarnation avait pour but notre salut, de révéler jusqu’où Dieu nous aime. Et il nous aime jusque-là, jusqu’à s’offrir lui-même. Jésus est venu pour donner sa vie afin que nous vivions, que nous vivions de la Vie de Dieu. C’est ainsi qu’il glorifie le nom du Père, qu’il fait en sorte que le nom du Père soit glorifié. Formulation qui peut étonner. Le nom, c’est la personne. Dans la passion et la résurrection qui approchent, l’Amour du Père va se révéler, Lui qui, comme Abraham, sacrifie son Fils, son unique (nous entendrons cela à la Vigile pascale). Il ne faudrait pas imaginer un Dieu Père, lointain, qui se réjouirait et se glorifierait dans la mort de son Fils. Le Père, qui est Amour, ne peut que souffrir tout autant que Jésus, son Fils bien-Aimé comme il l’a dit à la Transfiguration. Et le Père répond, en pleine communion avec son Fils : son nom a déjà été glorifié par toute la vie de Jésus, par son engagement clair à l’instant, et il le sera pleinement lors de la Passion et la Résurrection

            Cette brusque théophanie interpelle la foule, ils ne comprennent pas ce qui se passe. Jésus leur explique, c’est pour vous que le Père (la voix) a parlé. Les grecs voulaient voir Jésus et ils entendent le Père. C’est déroutant et inattendu. Mais Jésus poursuit : en cet instant, « maintenant », tout bascule. Jésus avance fermement vers sa Passion, le Prince de ce monde, Satan donc, va être jeté dehors et Jésus, par contre, élevé sur la Croix triomphera de cet Adversaire, il attirera à lui tous les hommes, il rassemblera toute l’humanité dispersée (comme un troupeau dispersé par le loup). Jésus annonce une ultime fois sa mort. Alors les grecs verront Jésus… crucifié, ils sauront qu’il est le Fils du Père, qui aime les siens jusqu’à mourir pour eux. Ils seront appelés à se laisser attirer par Lui, à le servir, à le suivre jusque-là. Nous aussi !

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 28 Février 2021

Gn 22, 1-2.9-13.15-18 ; Ps 115 ; Rm 8, 31b-34 ; Mc 9, 2-10

 

La semaine passée, nous étions dans l’épreuve du désert. Aujourd’hui, c’est Abraham qui est mis à l’épreuve, et une terrible épreuve ! Mais notre père dans la foi réponds à chaque interpellation : « Me voici ! ». Et il agit selon la parole du Seigneur. Comme Dieu le lui dit par la parole de l’ange, il a écouté la voix du Seigneur. C’est ce que Dieu nous demande lors de la Transfiguration de Jésus : « Écoutez-le ».

            Écoute et obéissance ont même racine. On voit quelle est l’obéissance d’Abraham, : il fait une totale confiance au Seigneur, il s’appuie sur sa parole plus que sur son propre jugement, ses sentiments… Saint Paul, dans sa lettre aux Romains, fait le pont entre la première lecture et l’évangile : « Dieu n’a pas épargné son propre fils, mais il l’a livré pour nous tous ». Le récit de la Transfiguration se situe entre deux annonces de la Passion. Là, c’est Dieu lui-même qui offre son Fils, son unique. On pourrait lui retourner ce qu’Il dit par l’ange à Abraham : « Tu ne nous as pas refusé ton Fils, ton unique ! » Dieu ne nous demande pas autre chose que ce qu’il fait lui-même. Ce n’est pas un tyran qui exige une obéissance aveugle de ses sujets pour les écraser, les humilier. Dieu agit, se donne et attend notre amour, notre confiance, en réponse car son don est toujours premier. Il nous demande d’écouter sa Parole, son Fils qui est sa Parole faite chair.

            Cette écoute/obéissance est source de Vie. Abraham reçoit la promesse d’une descendance innombrable, la vie à profusion, alors qu’il était prêt à sacrifier son unique descendant. Son geste est source de bénédiction, non seulement pour lui (ce n’est pas une récompense comme un bon point !), mais pour toutes les nations de la terre.

L’écoute/obéissance est féconde. Saint Paul comme saint Marc évoquent la résurrection de Jésus. Notre Seigneur Jésus, lui aussi, a écouté, s’est fait obéissant jusqu’à la mort. Il « est ressuscité, il est à la droite du Père, il intercède pour nous ». C’est notre foi. De nouveau, l’écoute/obéissance est source de Vie pour tous. Il ne s’en est pas « bien sorti » pour lui seul. Son don porte des fruits de Vie.

À la Transfiguration, le Père nous désigne son Fils bien-aimé et nous demande de l’écouter. Si nous mettons notre confiance en ce Jésus, Fils bien-aimé du Père, si nous écoutons, obéissons, alors notre vie sera féconde. Elle le sera dans le mystère pascal. C’est pour cela que Pierre, Jacques et Jean reçoivent comme consigne de ne pas en parler « avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts ».

            L’oraison de ce jour nous donne une belle synthèse des lectures :

« Tu nous as dit, Seigneur, d’écouter ton Fils bien-aimé ;

fais-nous trouver dans ta parole les vivres dont notre foi a besoin :

et nous aurons le regard assez pur pour discerner ta gloire. »

L’écoute de Jésus, l’écoute de la Parole de Dieu, nourrit notre foi. Nous n’avons pas à chercher ailleurs. Tout nous est donné dans la Parole. L’écoute/obéissance purifiera notre regard afin que nous puissions, comme Pierre, Jacques et Jean, voir la gloire divine qui habite notre Seigneur, nous pourrons vivre Pâques sans nous laisser déstabiliser par la Croix, la souffrance et la mort, car nous aurons déjà le regard tourné vers la Résurrection, vers la Vie que la Mort ne peut atteindre, que notre mort ne pourra retenir prisonnière, car le Christ est Ressuscité, il le Fils bien-aimé du Père, sa Parole vivante.

 

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 21 Février 2021

Gn 9, 8-15 ; Ps 24 ; 1 P 3, 18-22 ; Mc 1, 12-15

 

Juste un petit mot, à l’image de l’évangile de saint Marc ! Son récit du séjour de Jésus au désert est particulièrement bref. Nous avons en tête les trois tentations de Jésus. Marc n’en dit rien, il s’en tient à l’essentiel. C’est l’Esprit qui pousse Jésus au désert. Jésus reste là pendant quarante jours (comme le peuple de Dieu est resté quarante ans au désert), tenté par Satan. On ne dit pas qu’il jeûne mais dans le désert, il n’y a pas grand-chose à manger… Il vivait parmi les bêtes sauvages (ça on trouve dans le désert et sûrement des serpents !). Et les anges le servaient. C’est quand même une description étonnante. Et tout ça en deux versets !

Ensuite, Marc nous montre le début de la mission de Jésus qui proclame la Bonne Nouvelle et appelle à la conversion, comme le faisait Jean le Baptiste qui a déjà été arrêté. Deux versets aussi. Donc égalité. Les deux parties sont égales et on ne doit pas les séparer, ni oublier la deuxième sous prétexte qu’on débute le carême, il n’y a que Jésus au désert qui compte. Mais pas non plus et c’est ce qui me frappe aujourd’hui, envisager la deuxième partie en oubliant le séjour au désert.

Je m’explique. Annoncer la Bonne Nouvelle (ce qu’on appelle l’évangélisation, aujourd’hui, terme qui est facilement sur toutes les lèvres), inviter à la conversion, ne peut se faire que si on est passé soi-même par le désert.

Ce désert n’est pas une promenade touristique (il existe des traversées du désert comme excursion). Quarante jours, tenté par Satan, dans un lieu de solitude, peuplé de bêtes sauvages : en clair il s’agit d’une rude épreuve, qui secoue tout l’être. On n’y va pas de gaité de cœur. On fait le gros dos dans l’épreuve, on se débat, on lutte, … Mais l’évangile nous invite à ne pas craindre l’épreuve car si elle nous arrive, c’est l’Esprit Saint qui nous y conduit. Il nous pousse. Non pour nous faire souffrir, mais pour nous faire avancer, nous purifier et comme le vent dans le dos, il nous soutient. Et soyons sûrs, que le Seigneur nous envoie des anges. A nous de savoir les voir, les reconnaître. Si nous faisons confiance à l’Esprit nous ne serons pas seuls, pas abandonnés dans notre épreuve. Ça ne nous empêche pas de souffrir, de nous débattre. Mais confiance, les anges sont là, envoyés comme l’indique leur nom, par le Seigneur, pour nous aider.

Alors, quand l’épreuve sera passée, et alors seulement, nous pourrons proclamer la Bonne Nouvelle qui n’est pas une nouvelle à sensation comme dans nos journaux. Ce n’est pas un scoop. Le Seigneur nous appelle à entrer en alliance avec lui, comme il ne cesse de le proposer depuis la création du monde ; après chaque rupture, il vient renouer alliance. Accueillir l’amour de Dieu, entrer dans cette relation d’alliance avec lui est exigeant, cela engage toute notre vie, toute notre personne. Annoncer la Bonne Nouvelle implique donc d’appeler à la conversion. Comme nous l’a rappelé la liturgie des cendres : « Convertissez-vous et croyez à l’évangile, à la Bonne Nouvelle ». Alors nous pourrons dire : la foi ne sera pas une promenade facile, l’Esprit vous poussera au désert, vous serez tentés, secoués, mais tenez bon, le Seigneur ne vous abandonnera jamais, il vous donne sa force, son Esprit, il enverra des anges, le Satan ne peut rien contre vous si vous vous appuyez sur le Seigneur, si vous êtes ancrés dans l’Alliance qu’il a scellée avec vous. Le Christ est mort pour nos péchés, par le baptême, nous participons à la résurrection de Jésus Christ.

 

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 7 Février 2021

Jb 7, 1-4.6-7 ; Ps 146 ; 1 Co 9, 16-19.22-23 ; Mc 1, 29-39

Les textes qui nous sont proposés ce dimanche sont étonnants. Et en même temps très actuels.

On pourrait traduire pour aujourd’hui la plainte de Job : cris de tous ceux qui souffrent en ce temps de pandémie ! Souffrance physique de ceux qui sont atteints ou de ceux qui souffrent d’autre chose et dont la situation actuelle renforce les difficultés. Souffrance morale pour tous, même si c’est avec des degrés divers. Souffrance économique pour beaucoup. Que ces cris fassent partie de notre liturgie est important. Nous présentons toutes ces souffrances à Dieu dans la prière. Mais le psaume déroute, il vient de suite, trop vite, avec son ton joyeux, reconnaissant pour la guérison donnée par Dieu. Saint Marc nous éclaire. Jésus, dont nous avons célébré l’Incarnation il y a peu, prend sur lui toute cette souffrance. Il se laisse toucher.

            Nous apprenons beaucoup de choses sur notre Seigneur dans ce passage si sobre, avec peu de dialogues. On parle à Jésus de la belle-mère de Simon qui est malade, alitée, avec de la fièvre. Peut-être le coronavirus ? Jésus s’approche, il se fait proche (bulle ou pas), sans respecter les normes sanitaires, il la saisit par la main. Et il la fait lever. N’oublions pas qu’il s’agit du verbe qui dit la résurrection. Jésus lui rend la vie, la ressuscite. Ceci est décrit pour une personne. Et puis, c’est la foule, toute la ville qui se presse à la porte. De même qu’on lui avait parlé de la belle-mère de Simon, on amène à Jésus, de partout, « tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons ». Il y a toujours des intercesseurs. C’est notre rôle, encore aujourd’hui, de parler à Jésus de ceux qui souffrent, parfois de les lui amener. Sans oublier ceux qui sont possédés.

            Jésus guérit beaucoup de gens, dit Marc, expulsa beaucoup de démons. Il ne dit pas tous mais beaucoup. C’était peut-être tous, mais Jésus ne guérit pas « en vrac », il guérit toujours personnellement, comme pour la belle-mère de Simon.

            Pour les démons, Jésus les fait taire. Ça nous rappelle l’évangile de dimanche passé. Il ne faut jamais écouter le démon même quand il dit quelque chose de juste, surtout quand il dit quelque chose de juste, ça fait partie de sa ruse. Il faut toujours le faire taire.

            La soirée de Jésus a été sans doute bien longue. Heureusement, il n’avait pas de couvre-feu. Et il en profite pour se lever dans la nuit, bien avant l’aube, pour prier dans un endroit désert. C’est une note brève et pourtant essentielle. Tout est là. Les guérisons opérées par Jésus, la vie qu’il donne, le mal qu’il chasse, ont leur source dans sa relation au Père, se nourrissent de sa prière. Jésus, par saint Marc, nous indique la route à suivre.

            Quand les disciples l’ont retrouvé, ils le réprimandent pour son absence. « Tout le monde  te cherche ». Quand il était adolescent déjà, et qu’il s’en était retourné à Jérusalem en quittant la caravane, Marie lui avait fait une remarque semblable (Lc 2, 48). Ce n’est pas négligence, mais ça fait partie de son être. Jésus est toujours à chercher. Saint Benoît l’a bien compris. Pour discerner la vocation du novice, il indique qu’il faut voir s’il cherche Dieu.

            Alors Jésus redit à Simon et à ceux qui le suivent, donc nous redit, quelle est sa mission, ce pour quoi il est sorti du Père : proclamer la Bonne Nouvelle, l’Évangile, et expulser les démons. Il est venu, lui, la Parole, pour nous sauver des démons, du mal, nous ressusciter, nous donner sa vie. Et cette mission, Jésus a confié à ses disciples, donc à nous aussi, de la poursuivre, ainsi que nous le rappelle saint Paul. A nous d’annoncer l’évangile, de faire taire les démons, de les chasser, d’aller vers les malades, ceux qui souffrent, au nom de Jésus, et de puiser nos forces dans la prière, car sans lui, nous ne pouvons rien.

            L’oraison de ce dimanche va dans ce sens, elle qui nous fait demander :

« Dans ton amour inlassable, Seigneur, veille sur ta famille ; et puisque ta grâce est notre unique espoir, garde-nous sous ta constante protection. »

 

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 24 Janvier 2021

Jn 3, 1-5.10 ; Ps 24 ; 1 Co 7, 29-31 ; Mc 1, 14-20

 

Ce troisième dimanche est, depuis peu, consacré comme « dimanche de la Parole ». Comme me l’écrivait quelqu’un hier soir, ils le sont tous ! Et même, chaque journée devrait nous mettre à l’écoute de la Parole.

Dans la brochure pour cette semaine de prière pour l’Unité des chrétiens, j’ai lu que les sœurs de Grandchamp (protestantes) disent ensemble à haute voix en début de leur journée :

« Prie et travaille pour qu’il règne.

Que dans ta journée labeur et repos soient vivifiés par la Parole de Dieu.

Maintiens en tout le silence intérieur pour demeurer en Christ.

Pénètre-toi de l’esprit des Béatitudes : Joie, simplicité, miséricorde. »

Quelques phrases assez fortes. Et qui ne sont pas réservées à des protestantes, je crois que nous pouvons nous y retrouver et elles peuvent nous servir de boussole quotidienne également. Un peu comme on avait un mot d’ordre au camp !

            Dimanche de la Parole. Je me suis fait la réflexion que le pape n’a pas dit « dimanche de la Bible » ni « dimanche de l’Écriture » ! La Parole est liée à la personne et à la vie.

            La parole passe par le souffle, la voix. C’est du vent et pourtant la parole engage toute la personne. Quand on veut assurer à quelqu’un qu’on dit vrai ou lorsque l’on promet quelque chose ne dit-on pas « tu as ma parole ». Ce n’est pas du vent, donner sa parole ! Au contraire.

            Et voilà que notre Dieu nous a donné sa Parole. D’abord par des personnages auxquels il confie une mission, avec lesquels il s’engage par alliance, il leur promet une descendance, une terre… Il leur a donné sa parole. Et ils l’ont cru sur parole. Et la parole de Dieu s’est réalisée, s’est révélée efficace. De même avec les prophètes. Mais comme les humains eux ont de la peine à tenir parole, Dieu a envoyé son Fils, la Parole de Dieu (le Verbe) s’est fait chair.

            Si Dieu parle et donne sa Parole, il revient à l’homme de l’écouter. « Écoute Israël » redisent les juifs plusieurs fois par jour. « Écoute, mon fils… » nous recommande saint Benoît dans les tout premiers mots de sa Règle. Le dimanche de la Parole pourrait être aussi le dimanche de l’écoute de la Parole. Lors de l’eucharistie, dans la liturgie des heures (où elle est non seulement entendue mais aussi chantée, priée sous de multiples formes), également dans la lectio divina, lecture priante de l’Écriture en groupe et seul, il nous est donné d’écouter la Parole. Le texte écrit devient alors pour nous parole écoutée, reçue.

Enfin, la parole, surtout la Parole de Dieu, est vie. D’une part, il n’y a que des êtres vivants qui parlent. Mais aussi, elle donne vie. C’est ce que nous montre l’évangile de ce troisième dimanche. Jésus se met en route et se met à proclamer l’Évangile, la Bonne Nouvelle : le Règne de Dieu est tout proche. Jésus marche, parle, voit des personnes, interpelle, appelle. C’est plein de vie.

Et en quoi consiste la vocation des disciples (donc notre appel également) ? Il s’agit de marcher  à la suite de Jésus. Donc pas seulement s’asseoir et écouter. Simon et André, Jacques et Jean l’ont fait aussi, c’est parce qu’il ont écouté Jésus qu’ils ont entendu son appel et qu’ils ont tout lâché pour le suivre. Mais ils leur demande de marcher à sa suite, de mettre leurs pas dans ses pas, de faire comme lui. Ils devront eux aussi prêcher, annoncer l’Évangile de Dieu. Vivre de la Parole et la communiquer pour que d’autres vivent. Comme Jésus ils appelleront à la conversion : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ».

La Parole de Dieu donne vie et nous secoue, nous appelle à la conversion, à nous laisser transformer par la Parole. Car la Parole est Vie éternelle. La Parole veut nous configurer au Christ ressuscité que nous célébrons chaque dimanche.

 

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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