Publié le 31 Mai 2020

Pentecôte

Quel paradoxe ! Nous sommes une année A, donc l’année la plus riche au point de vue liturgique dans son choix de lectures, et nous avons été privés de célébrer la liturgie en assemblée pendant tout ce temps pascal… Heureusement, la liturgie des Heures a pu continuer.

 

L’évangile choisi pour l’année A nous ramène à Pâques. Le temps pascal est en effet un grand dimanche, une fête de Pâques pendant cinquante jours. Belle inclusion, nous revoici au soir de Pâques. J’allais dire au jour lumineux de Pâques. Mais est-il si lumineux ? Oui, mais pas comme on s’y attendrait. Et puis, nous sommes le soir de Pâques, le jour est tombé. La Résurrection n’est pas une illusion euphorique, une sorte d’hallucination, ni le don de l’Esprit dû à un excès de vin avec des conséquences loufoques.

 

En effet, les Apôtres se terrent, ils ont peur. Aujourd’hui encore règne la peur. Peur du virus, peur de sortir de chez soi, peur du réchauffement climatique, peur d’une guerre tant il y a de tensions dans le monde, peur d’attaques terroristes, peur de perdre son travail, de ne plus gagner assez pour nourrir sa famille, …la liste est sa fin. Nous vivons dans un climat de peur. Et c’est dans ce climat de peur que le Ressuscité se manifeste et donne son Esprit.

 

L’Esprit, il ne débarque pas du ciel du jour au lendemain comme une sorte d’extra-terrestre. Il n’y a pas un avant Pentecôte sans Esprit et un après avec l’Esprit. L’Esprit Saint, une des trois personnes de la Trinité, EST, depuis toujours. Depuis la création, il est à l’œuvre dans notre monde, lui, l’ « Amour qui planait sur les eaux », « Amour descendant aujourd’hui, qui vient agiter les eaux enfuies de nos baptêmes… » (Cf. Hymne de Pentecôte de Patrice de la tour du Pin). Aujourd’hui, 31 mai, la fête de Pentecôte occulte celle de la Visitation. Marie, après avoir entendu les paroles qui lui furent dites de la part de Dieu par l’Ange, s’en va chez sa cousine Élisabeth et la salue « Or, dit l’évangile de Luc, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint ». Il est donc déjà là, au début de l’Évangile, avant la naissance de Jésus.

 

Revenons à la Pentecôte. Jésus est mort sur la Croix, il a expiré, il a remis l’Esprit (Jn 19). On peut l’écrire avec une minuscule, mais la Majuscule est présente aussi. Jésus achève sa mission de fils d’homme, il aimé jusqu’au bout, il a donné sa vie, il meurt par amour pour nous. Il remet l’Esprit, et Dieu, le Père, recueille celui-ci en ses mains comme un oisillon fragile, blessé. Avec délicatesse, tendresse, le Père recueille l’Esprit du fils. Mais l’Esprit est mouvement et Vie. Il ressuscite Jésus et sa vie déborde, le soir même Jésus rencontre ses disciples et leur transmet cet Esprit.  Et à travers eux l’Esprit-Saint prend son envol, il s’envole dans le monde, dans l’histoire de l’humanité jusqu’à nous aujourd’hui. Il est mouvement, il est Vie. Il se répand comme une eau vivifiante. Il se communique mais pas comme un virus, il respecte les personnes, ne s’impose pas, il demande à être accueilli, reçu et donné.

 

Que l’Esprit nous donne d’affirmer, face aux peurs de notre monde, que Jésus est le Seigneur, osons proclamer les merveilles de Dieu. Ce n’est pas un rêve, ni un conte. Que notre unité dans l’Esprit le manifeste, qu’il fasse de nous un seul Corps, même dans l’attente de communier ensemble à un même Corps.

 

Sr Annick

 

 

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Rédigé par Sr Annick Somville

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