4e dimanche de l'Avent - B

Publié le 19 Décembre 2020

2 S 7, 1-5.8b-12.14a.16 ; Ps 88 ; Rm 16, 25-27 ; Lc 1, 26-38

 

Coïncidence due au calendrier : samedi 19 décembre, nous avions comme évangile l’Annonce à Zacharie en Luc 1, 5-25, et ce 4e dimanche B, la suite directe, l’Annonce à Marie. En les lisant un peu à la suite, je suis frappée par le contraste.

Zacharie est prêtre, âgé, peut-être trop empêtré dans l’aspect concret, immédiat des choses, il ne croit pas aux paroles de l’ange Gabriel et reste sans voix ! C’est fou ce que l’Avent nous parle de voix. Le père de « la Voix de celui qui crie dans le désert » devient muet ! Cet évangile me semble comme assombri par ce manque de foi. Il nous montre les derniers personnages de l’Ancien Testament qui peinent, hésitent à franchir le pas vers le Nouveau. On peut le comprendre. Ce sont des justes devant Dieu, le petit Reste qui attend le sauveur, mais la venue de celui-ci est tellement surprenante. Il est attendu mais sa venue est inattendue !

Par contre, quelle lumière dans le récit de l‘Annonce à Marie ! On n’est plus dans le temple mais à la maison. Et l’Ange entre chez Marie, sans frapper, comme chez lui. Oui, Dieu est depuis toujours chez Lui dans la maison de Marie… et de son fiancé. Il est chez Lui dans le cœur de Marie. La jeune femme semble plus bouleversée par la salutation de l’Ange que par sa présence. Marie apprend qu’elle est comblée de grâce, oui elle a trouvé grâce auprès de Dieu. Elle ne demandait rien, mais son cœur était prêt à recevoir l’Annonce, à recevoir la mission inouïe de donner vie au Fils du Très-Haut. Mission de concevoir et enfanter un fils, de lui donner le nom – programme – de Jésus qui signifie « Dieu sauve ». Ce Fils du Très-Haut, fils de David, régnera pour toujours. La promesse de Dieu à David par le prophète Nathan se réalise d’une manière imprévisible.

Marie, dans sa simplicité, croit l’Ange Gabriel sur parole, elle s’inquiète seulement de comment faire. Elle est mariée, nous dirions civilement, mais ne vit pas encore avec son époux, selon la coutume de l’époque. Que faire ? La réponse est des plus déconcertante : l’enfant sera l’œuvre de l’Esprit. L’enfant sera bien plus que le fils de David, plus qu’un roi, plus qu’un prophète, il est Fils de Dieu. David n’aurait jamais pu s’imaginer une pareille descendance ! Et le signe qui est donné à Marie, alors qu’elle n’en demandait pas, c’est Elisabeth sa cousine stérile qui est enceinte. Rien n’est impossible à Dieu.

On a l’habitude de cette formule, manière de dire que ça nous dépasse. Rien n’est impossible à Dieu. La petite note de ma Bible indique qu’ils ont traduit par « rien » alors que le texte dit « aucune parole ». Ceci en effet est difficile à traduire car le terme a deux sens en hébreu : à la fois parole et événement. La parole de Dieu est toujours agissante, toujours efficace, rien ne peut s’y opposer.

Alors fuse la parole limpide de Marie : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole ». Quel modèle de foi pour chacun de nous. Que cette parole vivante, agissante, de Dieu fasse son chemin librement en moi, dans ma vie. Toute ma vie appartient au Seigneur.

L’Ange Gabriel peut se retirer en paix, sa parole de la part de Dieu a été accueillie et la Parole de Dieu peut prendre chair en Marie.

 

 

Sr Annick

Rédigé par Sr Annick Somville

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