3e dimanche de l'Avent B

Publié le 13 Décembre 2020

3e dimanche de l'Avent B

Gaudete !

Les lectures se suivent, se rencontrent et donnent un effet marquant, une sorte de raccourci saisissant. Isaïe invite à la joie. Le prophète tressaille de joie dans le Seigneur, comme Marie dans son magnificat, car Dieu épouse son peuple, aime chacun des siens, les revêt du manteau du salut (image poétique qui montre le salut qui nous enveloppe, nous protège, nous réchauffe), il les consacre, les guérit, les délivre, il fait germer la justice et la louange comme une plante.

Saint Paul, lui, exhorte à la joie et à la prière incessante. Joie dans la prière et joie nourrie, issue de la prière. Va-et-vient entre les deux. Il nous invite à nous garder du mal et à rechercher la paix afin d’être prêts à accueillir le Seigneur qui vient.

Mais saint Jean ne parle pas de joie, il revient sur la figure de Jean-Baptiste que nous présentait Marc la semaine passée. Jean pourrait être dans la joie : il annonce et préfigure la venue du Messie. Jean est peut-être heureux, mais ce n’est pas ce qu’on retient de lui. Avant tout, Jean était humble. Il dit tout simplement ce qu’il n’est pas. Il n’est pas le Christ, pas le prophète annoncé ni Elie (pourtant d’autres textes montrent que Jésus le reconnaît comme tel). Il se définit, se présente comme la voix de celui qui crie dans le désert.

Une voix. La voix n’a pas de consistance, elle se place sur le souffle. Et pourtant, qu’elle est rude, étonnante pour nous, la vie des muets (cf. film la famille Bélier). La voix exprime beaucoup. On reconnaît quelqu’un à sa voix. Quelle joie d’entendre la voix de quelqu’un qu’on aime et qu’on attend, qu’on retrouve, ou même simplement qu’on entend au téléphone… Comme peut être terrible pour une victime de reconnaître la voix de la personne qui l’a fait souffrir. La voix parle au-delà des mots qu’elle dit. Par son timbre, son rythme, passent les émotions et elle éveille celles des auditeurs. La voix est nécessaire pour proclamer, annoncer la bonne nouvelle. Notre Dieu a voulu avoir besoin de la voix des prophètes, puis de la voix des disciples pour rejoindre les hommes et les femmes de son peuple élu et du monde entier.

Jean, la voix de celui qui crie, est humble. C’est ce qui le caractérise. Il est au service et ne se met pas en avant. Il n’est pas le Christ, il n’est pas Elie, il n’est pas le prophète annoncé. Il n’est rien, rien qu’une voix, presqu’un souffle. Il annonce le Christ qui est au milieu de nous et que nous ne connaissons pas. Jean ne se sent même pas digne de délier la courroie de sa sandale, alors que c’est un geste de serviteur. Et c’est là qu’il trouve sa joie. L’humilité est la source de la joie, cette joie d’Isaïe, joie de Paul, joie à laquelle le Seigneur nous invite en ce troisième dimanche d’Avent, ce dimanche de la joie. D’ailleurs le prophète a été envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles.

 

Sr Annick

Rédigé par Sr Annick Somville

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