34e dimanche A - Christ Roi de l'univers

Publié le 22 Novembre 2020

Ez 34, 11-12.15-17; Ps 22; 1 Co 15, 20-26.28; Mt 25, 31-46.

En entendant ce passage d’évangile, on a en tête les tableaux du jugement dernier : esthétiquement beaux, mais souvent effrayants !

De même que pour comprendre un texte biblique, il faut tenir compte de son contexte, quand ce texte nous est proclamé dans la liturgie, il faut aussi, surtout lors d’une fête, d’un temps liturgique, prendre en compte son contexte liturgique. Nous avons chanté : « Amour qui nous attend au terme de l’histoire… » et ça change toute la perspective. Cet évangile n’est donc pas à lire avec crainte mais espérance et joie.

Notre Seigneur Jésus, le Fils de l’homme, viendra siéger dans sa gloire… C’est majestueux. Jésus roi, juge, assis sur son trône. Mais Jésus est le digne fils de David, c’est un Roi berger. En effet, il s’agit de brebis et de boucs. Le berger sépare les uns des autres, les brebis et les cabris indociles. Et il leur parle. À eux qui sont issus de toutes les nations. C’est toute l’humanité qui est concernée.

Le jugement est sévère. Les brebis reçoivent en héritage le Royaume. Elles sont bénies du Père. Mais les boucs ou les cabris sont rejetés, maudits. Envoyés au diable !

Les critères de ce jugement, nous les connaissons. « Ce que vous avez fait aux plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Et ce qu’il fallait faire, ce sont les œuvres de miséricorde. Nous serons jugés sur notre amour, notre charité. Des choses simples, à la portée de tout le monde, mais, pourtant, que tout le monde n’arrive pas à faire.

Une petite note dans la Bible m’indique une autre piste, m’invite à remonter au chapitre 10, quand Jésus envoie ses disciples en mission. « Voici que moi je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ». « Qui vous accueille, m’accueille ». « Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen je vous le dis : non il ne perdra pas sa récompense. » Nous y voilà ! Le petit, le frère de Jésus, c’est son envoyé. Aurons-nous accueilli ses disciples, ses envoyés ? À travers eux, c’est Jésus lui-même que nous aurons accueilli.

On peut aussi mettre en rapport avec notre texte, une phrase qu’on a entendue il y a peu (sam 32e sem.) en Lc 18, 8 : « Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Au-delà des œuvres de miséricorde, la foi est en jeu. Les œuvres attestent de la foi, elles l’expriment, elles y puisent leur source.

Alors les choses s’éclaircissent (au sens du raisonnement et aussi ne sont plus sombres). Ceux qui ont reçu des envoyés de Dieu, des tous petits, ses frères, humbles, et n’ont pas voulu les accueillir, pas même les voir, comment pourraient-ils accueillir le Fils de L’homme quand il viendra siéger en majesté et juger. Eux n’attendent pas ce moment.  Le tropaire continue et nous fait chanter : « Seigneur Jésus, hâte le temps, reviens, achève ton œuvre. Quand verrons-nous ta gloire, transformer l’univers ? » Il y a une attente amoureuse du retour du Seigneur. Celle que nous allons raviver au cours de l’Avent qui est à nos portes. Et tant que dure le temps, personne n’est exclu. Le Seigneur ne se décourage pas. Il envoie ses frères en mission mais lui-même veille sur ses brebis, nous rappelle Ézéchiel. C’est le Seigneur qui est le bon berger, il cherche la brebis égarée, la ramène… sur ses épaules. Si elle est blessée, il la soigne. Il exerce lui-même les œuvres de miséricorde. C’est ainsi donc, à sa suite, que ses disciples, ses frères doivent annoncer la Bonne Nouvelle au monde. Car l’amour est contagieux. Ceux qui n’en auront pas voulu, ne seront pas rejetés mais se seront exclus d’eux-mêmes de l’Amour qui nous attend au terme de l’histoire.

 

Sr Annick

 

Rédigé par Sr Annick Somville

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