15e dimanche A

Publié le 12 Juillet 2020

15e dimanche A

Is 55, 10-11 ; Ps 64 ; Rm 8, 18-23 ; Mt 13, 1-23

 

La liturgie, juste après avoir fêté saint Benoît, nous offre une belle continuité. La Règle commence par cet appel : « Écoute », et ce dimanche nous invite à écouter la Parole.

 

L’image d’Isaïe pour exprimer la force vivifiante, créatrice, de la Parole de Dieu est forte. On parle beaucoup, en ce moment, du réchauffement climatique, le pape nous invite à creuser sa lettre Laudato Si’, en fait même une année spéciale. Saint Paul, lui, nous dit que la création tout entière gémit dans les douleurs d’un enfantement. On ne peut pas être plus actuel.

 

Sauf que le monde est plus alarmiste. Il y a ceux qui s’en fichent. Il y a aussi ceux qui ne voient que la catastrophe qui approche. Bien sûr, il faut être réaliste et agir concrètement. Mais avant tout, comme chrétiens, nous avons à regarder plus loin. Le psaume, avec une poésie qu’on pourrait dire franciscaine, nous aide à ne pas oublier que tout a été créé par Dieu, par la Parole de Dieu. La pluie, le soleil, ce qui donne les moissons… tout est d’abord don de Dieu. Les problèmes climatiques, bien sûr, ont une cause et des conséquences économiques. Mais à la racine, n’est-ce pas parce que nous avons mis la main sur la création en oubliant qu’elle est un don précieux à recevoir ?

 

Jésus, comme Isaïe, nous invite à nous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu, source de toute vie, en nous, autour de nous. Elle seule nous conduira à user sagement de la terre, de la création, en nous donnant de nous placer à notre juste place de créatures, de respecter les autres et la nature.

 

Saint Benoît a pris comme fondation de la vie monastique l’écoute de la Parole de Dieu. « Écoute, mon fils, les préceptes du Maître et prête l’oreille de ton cœur. » (Prol, 1) La Parole de Dieu est comparable, pour Isaïe à la pluie et la neige qui abreuvent, fécondent la terre, permettent les récoltes et la vie. La Parole fait de même en nos cœurs.

 

La pluie qui tombe, pour être efficace, doit pénétrer. Sinon, ce sont des inondations qui tuent et détruisent. De même dans nos cœurs. Si l’eau de la Parole nous glisse dessus comme l’eau sur les plumes d’un canard, ce ne sera guère efficace, même si c’est la Parole de Dieu. Notre responsabilité est de l’écouter, l’accueillir, la désirer… En jardinage, on dit « un binage vaut deux arrosages ! » À nous de biner notre cœur, de le préparer, le travailler pour qu’il se laisse pénétrer par la Parole, qu’elle puisse atteindre la moindre fibre en nous afin de féconder nos vies. À nous de devenir perméables à la Parole, de la laisser transformer nos vies, notre être, au plus profond. Que Jésus puisse nous dire aujourd’hui encore, à nous qui sommes ses disciples : « Heureux vos yeux puisqu’ils voient et vos oreilles puisqu’elles entendent. » Nous, nous ne voyons pas Jésus en direct, nous n’entendons pas physiquement le son de sa voix, mais par le témoignage des apôtre et évangélistes, dans l’Écriture, nous pouvons voir et entendre Jésus, notre Seigneur, source de toute Vie.

 

Sr Annick

Rédigé par Sr Annick Somville

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