Publié le 24 Janvier 2021

Jn 3, 1-5.10 ; Ps 24 ; 1 Co 7, 29-31 ; Mc 1, 14-20

 

Ce troisième dimanche est, depuis peu, consacré comme « dimanche de la Parole ». Comme me l’écrivait quelqu’un hier soir, ils le sont tous ! Et même, chaque journée devrait nous mettre à l’écoute de la Parole.

Dans la brochure pour cette semaine de prière pour l’Unité des chrétiens, j’ai lu que les sœurs de Grandchamp (protestantes) disent ensemble à haute voix en début de leur journée :

« Prie et travaille pour qu’il règne.

Que dans ta journée labeur et repos soient vivifiés par la Parole de Dieu.

Maintiens en tout le silence intérieur pour demeurer en Christ.

Pénètre-toi de l’esprit des Béatitudes : Joie, simplicité, miséricorde. »

Quelques phrases assez fortes. Et qui ne sont pas réservées à des protestantes, je crois que nous pouvons nous y retrouver et elles peuvent nous servir de boussole quotidienne également. Un peu comme on avait un mot d’ordre au camp !

            Dimanche de la Parole. Je me suis fait la réflexion que le pape n’a pas dit « dimanche de la Bible » ni « dimanche de l’Écriture » ! La Parole est liée à la personne et à la vie.

            La parole passe par le souffle, la voix. C’est du vent et pourtant la parole engage toute la personne. Quand on veut assurer à quelqu’un qu’on dit vrai ou lorsque l’on promet quelque chose ne dit-on pas « tu as ma parole ». Ce n’est pas du vent, donner sa parole ! Au contraire.

            Et voilà que notre Dieu nous a donné sa Parole. D’abord par des personnages auxquels il confie une mission, avec lesquels il s’engage par alliance, il leur promet une descendance, une terre… Il leur a donné sa parole. Et ils l’ont cru sur parole. Et la parole de Dieu s’est réalisée, s’est révélée efficace. De même avec les prophètes. Mais comme les humains eux ont de la peine à tenir parole, Dieu a envoyé son Fils, la Parole de Dieu (le Verbe) s’est fait chair.

            Si Dieu parle et donne sa Parole, il revient à l’homme de l’écouter. « Écoute Israël » redisent les juifs plusieurs fois par jour. « Écoute, mon fils… » nous recommande saint Benoît dans les tout premiers mots de sa Règle. Le dimanche de la Parole pourrait être aussi le dimanche de l’écoute de la Parole. Lors de l’eucharistie, dans la liturgie des heures (où elle est non seulement entendue mais aussi chantée, priée sous de multiples formes), également dans la lectio divina, lecture priante de l’Écriture en groupe et seul, il nous est donné d’écouter la Parole. Le texte écrit devient alors pour nous parole écoutée, reçue.

Enfin, la parole, surtout la Parole de Dieu, est vie. D’une part, il n’y a que des êtres vivants qui parlent. Mais aussi, elle donne vie. C’est ce que nous montre l’évangile de ce troisième dimanche. Jésus se met en route et se met à proclamer l’Évangile, la Bonne Nouvelle : le Règne de Dieu est tout proche. Jésus marche, parle, voit des personnes, interpelle, appelle. C’est plein de vie.

Et en quoi consiste la vocation des disciples (donc notre appel également) ? Il s’agit de marcher  à la suite de Jésus. Donc pas seulement s’asseoir et écouter. Simon et André, Jacques et Jean l’ont fait aussi, c’est parce qu’il ont écouté Jésus qu’ils ont entendu son appel et qu’ils ont tout lâché pour le suivre. Mais ils leur demande de marcher à sa suite, de mettre leurs pas dans ses pas, de faire comme lui. Ils devront eux aussi prêcher, annoncer l’Évangile de Dieu. Vivre de la Parole et la communiquer pour que d’autres vivent. Comme Jésus ils appelleront à la conversion : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ».

La Parole de Dieu donne vie et nous secoue, nous appelle à la conversion, à nous laisser transformer par la Parole. Car la Parole est Vie éternelle. La Parole veut nous configurer au Christ ressuscité que nous célébrons chaque dimanche.

 

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 24 Décembre 2020

Nuit de Noël

Is 9, 1-6 ; Ps 95 ; Tt 2, 11-14 ; Lc 2, 1-14

Les textes de cette nuit sont lumineux, remplis de joie. C’est vraiment toute la clarté de Noël qui éclate dans la nuit… déjà comme à Pâques. Je le dis souvent, mais c’est vrai, Noël, c’est Pâques.

Mais cette nuit-ci ?

Tant de personnes à l’hôpital, des services médicaux surchargés, le personnel épuisé ; tant de personnes en deuil à cause de la Covid, partout dans le monde, à cause de la violence, de la guerre, du terrorisme, partout dans le monde aussi ; tant de personnes, en Belgique et ailleurs, tristes de ne pouvoir se rencontrer, fêter ensemble la Noël, ne pas pouvoir prendre un repas en famille, même petite, et, pour les croyants de toutes confessions, ne pas pouvoir (ou presque) célébrer l’eucharistie en assemblée représentative si pas encore normale… Et j’entends la question : mais quoi ? C’est Noël aujourd’hui ? ça rime à quoi vos chants, votre joie dans toute cette misère ?

J’écoute Isaïe et Luc qui se font écho, s’éclairent mutuellement. Oui, des liens soutent aux yeux. Mais il y a aussi des contrastes.

Isaïe parle d’un enfant, l’Emmanuel, mais en fait de naissance, il s’agit en réalité d’une intronisation royale. Ça a un poids certain. On en parlerait à la télévision, sur internet et dans les réseaux sociaux, si c’était aujourd’hui. Mais l’évangile ?

Bien sûr que non. Vous pensez, un enfant ! Car là il s’agit d’une vraie naissance d’un petit bébé comme tous les autres, qui par manque de chance naît lors d’un déplacement un peu forcé. Migrant, peut-être pas, mais proche car il naît « en route », dans des conditions précaires. Pour ne pas déranger, sa mère accouche dans l’étable, au milieu des animaux. Comme les naissances bousculées par la pandémie, comme les naissances sur l’île de Lesbos ou en tant d’autres endroits…

L’Annonce de sa naissance est faite par un ange de Dieu, une troupe céleste se met à chanter : tous les programmes tv de cette nuit, internet et les réseaux sociaux sont battus à plate couture. Mais… l’Annonce, si grande, si merveilleuse, si solennelle, … est faite à des bergers, en pleine nuit, à la campagne. Notre Dieu n’est quand même pas au point au niveau de la communication !

En plus, le message est extraordinaire : « Aujourd’hui, un Sauveur vous est né ! » Nous y voilà, on l’attendait le vaccin, on va bien vite être délivrés de ce virus qui nous empoisonne la vie depuis des mois, presque un an, la vie va reprendre comme avant ! … Minute ! écoutons jusqu’au bout. Le signe qui est donné ? Un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire !

Un nouveau-né, s’il est de sang royal, ça peut faire éclat, attirer l’attention, être à la une des journaux… Mais couché dans une mangeoire, qu’est-ce donc que cela !!!??

Voilà la vraie Joie de Noël. À contre-courant, le Seigneur ne cherche pas à attirer les foules, à faire miroiter des choses merveilleuses mais éphémères, peu sûres, factices. Noël nous prend à rebours. Notre Dieu se fait l’un de nous, dans un nouveau-né, fragile, il se donne en nourriture, La Vie a pris chair pour nous donner la Vie, sa Vie. Il s’adresse dans le silence de la nuit aux petits, aux exclus. Mais sa naissance est la seule Bonne Nouvelle ! L’ombre de la mort ne l’emportera pas, les ténèbres se déchirent déjà, la Vie l’emporte sur la mort. Ce que le roi intronisé dont parlait Isaïe devait apporter à son peuple, se réalise aujourd’hui mais de manière inattendue, beaucoup plus forte, plus grande encore. Le Roi est ce nouveau-né, il est la Parole de Dieu faite homme. Son nom est bien sûr, Emmanuel, mais aussi « Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ». Cela semble incroyable. Oui si c’était une histoire humaine mais ce qui le réalise, c’est « l’Amour jaloux du Seigneur de l’univers » !

            Alors, oui, Joyeux Noël !

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 19 Décembre 2020

2 S 7, 1-5.8b-12.14a.16 ; Ps 88 ; Rm 16, 25-27 ; Lc 1, 26-38

 

Coïncidence due au calendrier : samedi 19 décembre, nous avions comme évangile l’Annonce à Zacharie en Luc 1, 5-25, et ce 4e dimanche B, la suite directe, l’Annonce à Marie. En les lisant un peu à la suite, je suis frappée par le contraste.

Zacharie est prêtre, âgé, peut-être trop empêtré dans l’aspect concret, immédiat des choses, il ne croit pas aux paroles de l’ange Gabriel et reste sans voix ! C’est fou ce que l’Avent nous parle de voix. Le père de « la Voix de celui qui crie dans le désert » devient muet ! Cet évangile me semble comme assombri par ce manque de foi. Il nous montre les derniers personnages de l’Ancien Testament qui peinent, hésitent à franchir le pas vers le Nouveau. On peut le comprendre. Ce sont des justes devant Dieu, le petit Reste qui attend le sauveur, mais la venue de celui-ci est tellement surprenante. Il est attendu mais sa venue est inattendue !

Par contre, quelle lumière dans le récit de l‘Annonce à Marie ! On n’est plus dans le temple mais à la maison. Et l’Ange entre chez Marie, sans frapper, comme chez lui. Oui, Dieu est depuis toujours chez Lui dans la maison de Marie… et de son fiancé. Il est chez Lui dans le cœur de Marie. La jeune femme semble plus bouleversée par la salutation de l’Ange que par sa présence. Marie apprend qu’elle est comblée de grâce, oui elle a trouvé grâce auprès de Dieu. Elle ne demandait rien, mais son cœur était prêt à recevoir l’Annonce, à recevoir la mission inouïe de donner vie au Fils du Très-Haut. Mission de concevoir et enfanter un fils, de lui donner le nom – programme – de Jésus qui signifie « Dieu sauve ». Ce Fils du Très-Haut, fils de David, régnera pour toujours. La promesse de Dieu à David par le prophète Nathan se réalise d’une manière imprévisible.

Marie, dans sa simplicité, croit l’Ange Gabriel sur parole, elle s’inquiète seulement de comment faire. Elle est mariée, nous dirions civilement, mais ne vit pas encore avec son époux, selon la coutume de l’époque. Que faire ? La réponse est des plus déconcertante : l’enfant sera l’œuvre de l’Esprit. L’enfant sera bien plus que le fils de David, plus qu’un roi, plus qu’un prophète, il est Fils de Dieu. David n’aurait jamais pu s’imaginer une pareille descendance ! Et le signe qui est donné à Marie, alors qu’elle n’en demandait pas, c’est Elisabeth sa cousine stérile qui est enceinte. Rien n’est impossible à Dieu.

On a l’habitude de cette formule, manière de dire que ça nous dépasse. Rien n’est impossible à Dieu. La petite note de ma Bible indique qu’ils ont traduit par « rien » alors que le texte dit « aucune parole ». Ceci en effet est difficile à traduire car le terme a deux sens en hébreu : à la fois parole et événement. La parole de Dieu est toujours agissante, toujours efficace, rien ne peut s’y opposer.

Alors fuse la parole limpide de Marie : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole ». Quel modèle de foi pour chacun de nous. Que cette parole vivante, agissante, de Dieu fasse son chemin librement en moi, dans ma vie. Toute ma vie appartient au Seigneur.

L’Ange Gabriel peut se retirer en paix, sa parole de la part de Dieu a été accueillie et la Parole de Dieu peut prendre chair en Marie.

 

 

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 13 Décembre 2020

3e dimanche de l'Avent B

Gaudete !

Les lectures se suivent, se rencontrent et donnent un effet marquant, une sorte de raccourci saisissant. Isaïe invite à la joie. Le prophète tressaille de joie dans le Seigneur, comme Marie dans son magnificat, car Dieu épouse son peuple, aime chacun des siens, les revêt du manteau du salut (image poétique qui montre le salut qui nous enveloppe, nous protège, nous réchauffe), il les consacre, les guérit, les délivre, il fait germer la justice et la louange comme une plante.

Saint Paul, lui, exhorte à la joie et à la prière incessante. Joie dans la prière et joie nourrie, issue de la prière. Va-et-vient entre les deux. Il nous invite à nous garder du mal et à rechercher la paix afin d’être prêts à accueillir le Seigneur qui vient.

Mais saint Jean ne parle pas de joie, il revient sur la figure de Jean-Baptiste que nous présentait Marc la semaine passée. Jean pourrait être dans la joie : il annonce et préfigure la venue du Messie. Jean est peut-être heureux, mais ce n’est pas ce qu’on retient de lui. Avant tout, Jean était humble. Il dit tout simplement ce qu’il n’est pas. Il n’est pas le Christ, pas le prophète annoncé ni Elie (pourtant d’autres textes montrent que Jésus le reconnaît comme tel). Il se définit, se présente comme la voix de celui qui crie dans le désert.

Une voix. La voix n’a pas de consistance, elle se place sur le souffle. Et pourtant, qu’elle est rude, étonnante pour nous, la vie des muets (cf. film la famille Bélier). La voix exprime beaucoup. On reconnaît quelqu’un à sa voix. Quelle joie d’entendre la voix de quelqu’un qu’on aime et qu’on attend, qu’on retrouve, ou même simplement qu’on entend au téléphone… Comme peut être terrible pour une victime de reconnaître la voix de la personne qui l’a fait souffrir. La voix parle au-delà des mots qu’elle dit. Par son timbre, son rythme, passent les émotions et elle éveille celles des auditeurs. La voix est nécessaire pour proclamer, annoncer la bonne nouvelle. Notre Dieu a voulu avoir besoin de la voix des prophètes, puis de la voix des disciples pour rejoindre les hommes et les femmes de son peuple élu et du monde entier.

Jean, la voix de celui qui crie, est humble. C’est ce qui le caractérise. Il est au service et ne se met pas en avant. Il n’est pas le Christ, il n’est pas Elie, il n’est pas le prophète annoncé. Il n’est rien, rien qu’une voix, presqu’un souffle. Il annonce le Christ qui est au milieu de nous et que nous ne connaissons pas. Jean ne se sent même pas digne de délier la courroie de sa sandale, alors que c’est un geste de serviteur. Et c’est là qu’il trouve sa joie. L’humilité est la source de la joie, cette joie d’Isaïe, joie de Paul, joie à laquelle le Seigneur nous invite en ce troisième dimanche d’Avent, ce dimanche de la joie. D’ailleurs le prophète a été envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles.

 

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 6 Décembre 2020

2e dimanche de l'Avent - B

Je ne sais pas si c’est la même chose pour vous, mais Jean-Baptiste me paraît toujours un personnage assez extraordinaire, un peu étrange aussi, comme sorti du passé. Un prophète, semblable à Elie par sa tenue vestimentaire, sa manière de vivre, sa parole qui décape, parole de Dieu qu’il retransmet avec force. Dans l’évangile de Marc, il est moins terrible qu’ailleurs. Mais il reste que c’est quelqu’un qui secoue, appelle à la conversion. Étrange aussi le fait de le définir comme une voix qui crie dans le désert. Oui, Jean-Baptiste est avant tout une voix.

Que crie cette voix ? « Préparez les chemins du Seigneur » Nous le chantons à l’office. La voix crie mais elle chante aussi. Et c’est bien, en accord avec les textes. Car je suis « étonnée », touchée par la douceur qui se dégage des textes pourtant forts, secouants de ce deuxième dimanche d’Avent.

Isaïe commence par ces mots, que nous entendrons (chantés !) à l’office quand viendra Noël, en ouverture des célébrations : « Consolez, consolez mon peuple, dit le Seigneur ». En réalité, c’est Dieu lui-même qui console son peuple, tout au long de l’histoire du salut, mais le sommet est lorsqu’il envoie son Fils, que le Verbe est fait chair pour nous sauver. Quelle tendresse dans cette ouverture de ce qu’on appelle le deuxième Isaïe ! Dieu parle au cœur de Jérusalem, la console, lui remet sa dette.

Le prophète annonce que la gloire du Seigneur va se révéler, que tout être de chair verra que le bouche du Seigneur a parlé. En effet, les bergers, les mages, Marie et Joseph les premiers, verront la Parole de Dieu faite chair. Les promesses de Dieu transmises par le prophète Isaïe se réalisent au-delà de toute espérance.

À la charnière des deux Testaments, Jean réveille les consciences et les cœurs, les prépare à accueillir le Seigneur qui vient. Le Seigneur vient avec puissance, une puissance d’amour car tel un berger, il rassemble les agneaux et les porte sur son cœur. La violence des images apocalyptiques de saint Pierre ne doit pas effacer ni nous faire perdre de vue la tendresse de Dieu qui parcourt les textes de ce jour.

« Voici notre Dieu, voici le Seigneur Dieu » ! « Ce qu’il dit, c’est la Paix pour son peuple et ses fidèles. Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre » !

 

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 5 Décembre 2020

Un peu en retard, mais pas périmé !

L’oraison de ce premier mercredi de l’Avent a attiré mon attention.

« Apprête nos cœurs, Dieu très bon, par la puissance de ta grâce, pour qu’au jour où ton Fils viendra, il nous juge dignes de prendre place à sa table et de recevoir, de sa main, le pain du ciel. »

 

Nous demandons à Dieu d’apprêter nos cœurs comme on apprête une table. C’est surprenant ! Souvent on demande au Seigneur de préparer nos cœurs. Mais le terme choisi convient particulièrement en ce jour où nous est donné par la liturgie le récit de la multiplication des pains.

 

Cette oraison porte aussi notre regard très loin, vers le jour du retour du Christ. Car c’est bien cela que nous attendons. L’Avent est tellement plus que la préparation de la fête de Noël. Nous sommes invités à réveiller nos cœurs, à raviver notre désir de Dieu, notre attente de sa venue définitive alors que nous allons célébrer, à Noël, sa première venue dans notre chair.

 

Le Christ, quand il viendra, jugera le monde. Mais c’est un juge particulier qui invite à sa table ceux qu’il juge digne. Qui n’est pas digne ? Celui qui se moque de l’invitation, qui la refuse, invente des prétextes (Jésus nous l’a expliqué dans ses paraboles) …Si notre cœur est apprêté, par Dieu lui-même, à notre demande, selon notre désir, alors nous pourrons sans doute être jugés dignes et prendre place à la table du Seigneur. Comme au désert Dieu avait nourri son peuple de la manne, comme Jésus a nourri ceux qui le suivaient en multipliant les pains, comme il nous a laissé son Corps livré en communion, comme pain pour la route, il nous donnera lui-même le pain du ciel, le pain de la Vie éternelle. Pain posé sur la table… de nos cœurs ?

 

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 29 Novembre 2020

1er dimanche de l'Avent B

Is 63, 16b-17.19b ; 64, 2b-7 ; Ps 79 ; 1 Co 1, 3-9 ; Mc 13, 33-37.

 

Voici le temps de l’Avent, ce beau temps, si riche, aux tonalités toutes particulières. Temps qui nous invite à l’attente, à la veille, temps qui réveille notre désir de Dieu. Mais temps aussi qui nous révèle l’Amour, la tendresse de Dieu qui toujours est première.

Ce premier dimanche de l‘Avent, le ton nous est donné dès la première phrase de la première lecture, tirée du livre d’Isaïe : « C’est toi, Seigneur, notre Père ; notre-rédempteur-depuis-toujours, tel est ton nom ». La nouvelle traduction (qui pourtant prend de l’âge) est plus marquante que la précédente. Le nom de Dieu est tout un programme. Un peu comme Emmanuel traduit par « Dieu-avec-nous », le Père, lui, s’appelle « « Notre-rédempteur-depuis-toujours » !

Le rédempteur, un mot un peu oublié, mal connu et pourtant si beau ! Un nom que chérit aussi Isaïe. Dieu est notre plus proche parent, un parent qui, selon la loi juive, est prêt à s’engager pour les siens, pour leur liberté, leur descendance, leur terre. Il est leur garant. Isaïe a perçu et nous donne à comprendre que Dieu est pour son peuple, pour nous aussi, disciples de son Fils, notre plus proche parent, prêt à défendre notre liberté, notre avenir (descendance et terre), notre relation avec Lui (terre, qui est don de Dieu pour Israël).

Déjà cette découverte est impressionnante, si loin des images de Dieu que nous nous fabriquons souvent (sans même nous ne rendre compte). Un Dieu de relation, un Dieu qui est notre parent le plus proche, un intime, un Dieu de tendresse. Une hymne nous fait chanter « Voici le temps du long désir ». Elle décrit le désir de l’homme qui cherche Dieu. Mais qu’il est long le désir de Dieu qui nous attend, qui patiente, alors que nous nous détournons si facilement de Lui. Isaïe, comme le psaume 79, s’étonne et appelle encore le Seigneur. Lui seul peut nous ramener à Lui. « Dieu, fais-nous revenir, que ton visage s’éclaire et nous serons sauvés ! » Il ne manquera pas de le faire, Lui qui est notre rédempteur depuis toujours ! Il est rédempteur de toute éternité, ce n’est pas une sorte de qualité ajoutée, ça le définit depuis toujours et pour toujours. Il a toujours désiré ce lien de parenté entre l’humanité et Lui. Notre Dieu est communion par essence.

Mais l’amour implique la réciprocité. Même si nous n’arrivons pas aimer comme Dieu, même si nous errons hors de ses chemins, même si nos cœurs s’endurcissent, Dieu nous a rendus capables de répondre à son amour. Non par nos forces mais parce que notre Père, Notre-rédempteur-depuis-toujours, nous donne sa force, son pardon, son Esprit. Il tourne vers nous son visage et nous éclaire de sa lumière divine. Notre manière d’exprimer notre réciprocité à l’amour de Dieu qui est premier est de veiller, de l’attendre, de le désirer. Et là encore, c’est lui qui nous fera tenir fermement jusqu’au bout. Il ne nous abandonne pas à nous-mêmes, à nos faiblesses. Dieu est fidèle.

Veillons donc comme un portier fidèle au poste. Nous ne savons pas l’heure, quand viendra notre maître, notre Seigneur Jésus Christ et notre Père, Notre-rédempteur-depuis-toujours. Veillons sans crainte, veillons avec amour, avec désir, avec joie aussi, guettons la venue de Celui qui vient.

 

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 22 Novembre 2020

Ez 34, 11-12.15-17; Ps 22; 1 Co 15, 20-26.28; Mt 25, 31-46.

En entendant ce passage d’évangile, on a en tête les tableaux du jugement dernier : esthétiquement beaux, mais souvent effrayants !

De même que pour comprendre un texte biblique, il faut tenir compte de son contexte, quand ce texte nous est proclamé dans la liturgie, il faut aussi, surtout lors d’une fête, d’un temps liturgique, prendre en compte son contexte liturgique. Nous avons chanté : « Amour qui nous attend au terme de l’histoire… » et ça change toute la perspective. Cet évangile n’est donc pas à lire avec crainte mais espérance et joie.

Notre Seigneur Jésus, le Fils de l’homme, viendra siéger dans sa gloire… C’est majestueux. Jésus roi, juge, assis sur son trône. Mais Jésus est le digne fils de David, c’est un Roi berger. En effet, il s’agit de brebis et de boucs. Le berger sépare les uns des autres, les brebis et les cabris indociles. Et il leur parle. À eux qui sont issus de toutes les nations. C’est toute l’humanité qui est concernée.

Le jugement est sévère. Les brebis reçoivent en héritage le Royaume. Elles sont bénies du Père. Mais les boucs ou les cabris sont rejetés, maudits. Envoyés au diable !

Les critères de ce jugement, nous les connaissons. « Ce que vous avez fait aux plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Et ce qu’il fallait faire, ce sont les œuvres de miséricorde. Nous serons jugés sur notre amour, notre charité. Des choses simples, à la portée de tout le monde, mais, pourtant, que tout le monde n’arrive pas à faire.

Une petite note dans la Bible m’indique une autre piste, m’invite à remonter au chapitre 10, quand Jésus envoie ses disciples en mission. « Voici que moi je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ». « Qui vous accueille, m’accueille ». « Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen je vous le dis : non il ne perdra pas sa récompense. » Nous y voilà ! Le petit, le frère de Jésus, c’est son envoyé. Aurons-nous accueilli ses disciples, ses envoyés ? À travers eux, c’est Jésus lui-même que nous aurons accueilli.

On peut aussi mettre en rapport avec notre texte, une phrase qu’on a entendue il y a peu (sam 32e sem.) en Lc 18, 8 : « Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Au-delà des œuvres de miséricorde, la foi est en jeu. Les œuvres attestent de la foi, elles l’expriment, elles y puisent leur source.

Alors les choses s’éclaircissent (au sens du raisonnement et aussi ne sont plus sombres). Ceux qui ont reçu des envoyés de Dieu, des tous petits, ses frères, humbles, et n’ont pas voulu les accueillir, pas même les voir, comment pourraient-ils accueillir le Fils de L’homme quand il viendra siéger en majesté et juger. Eux n’attendent pas ce moment.  Le tropaire continue et nous fait chanter : « Seigneur Jésus, hâte le temps, reviens, achève ton œuvre. Quand verrons-nous ta gloire, transformer l’univers ? » Il y a une attente amoureuse du retour du Seigneur. Celle que nous allons raviver au cours de l’Avent qui est à nos portes. Et tant que dure le temps, personne n’est exclu. Le Seigneur ne se décourage pas. Il envoie ses frères en mission mais lui-même veille sur ses brebis, nous rappelle Ézéchiel. C’est le Seigneur qui est le bon berger, il cherche la brebis égarée, la ramène… sur ses épaules. Si elle est blessée, il la soigne. Il exerce lui-même les œuvres de miséricorde. C’est ainsi donc, à sa suite, que ses disciples, ses frères doivent annoncer la Bonne Nouvelle au monde. Car l’amour est contagieux. Ceux qui n’en auront pas voulu, ne seront pas rejetés mais se seront exclus d’eux-mêmes de l’Amour qui nous attend au terme de l’histoire.

 

Sr Annick

 

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 15 Novembre 2020

Pr 31, 10-13.19-20.30-31; Ps 127; 1 Th 5, 1-6; Mt 25, 14-15.19-21

J'ai pris dans la Bible Mt 25,14-21 en entier !

On appelle ce passage « la parabole des talents ». Mais cette fois, j’ai eu l’attention attirée par les personnages.

« Tu es un homme dur, dit le troisième serviteur, et j’ai eu peur » ! Mais il n’a pas peur de lui dire ça en pleine figure, sans trop de politesse, ni respect pour son maître. Si c’est vrai, il pouvait le dire de manière plus fine, qui puisse être reçue, écoutée.

Le maître ne s’en offusque pas, ne répond même pas à l’accusation, au contraire, il la reprend, part de ce constat, sans le réfuter. Cela malgré sa prétendue dureté. Ce qui le fâche, c’est la paresse du serviteur. Aller à la banque aurait été plus malin que d’enterrer l’argent !

Et ce n’est pas un gros travail. Donc ce que dit le serviteur n’est qu’une excuse.

La vraie raison de son inaction est sa paresse et je dirais sa fermeture. Il n’est donc pas digne de la confiance de son maître. Ce n’est pas par dureté ni représailles que le maitre le jette dehors, il s’est mis lui-même dehors en ne faisant rien alors que son maître lui avait confié une partie de ses biens. Il en était responsable.

Cet homme qui part en voyage est, lui, quelqu’un de fin, de délicat (ce que n’a pas su percevoir le troisième serviteur). Il confie ses biens à ses serviteurs. Et pas peu : un talent représente environ 34 kg d’or. Ce voyageur aurait bien pu mettre lui-même cet argent à la banque, puisque le texte nous indique que cette solution existe, que le maître la connaît. Mais il choisit de faire confiance à ses serviteurs. Il aurait également pu les renvoyer (le chômage n’existait pas encore !). Il leur fait confiance et ne donne aucune consigne. Il confie son argent. Les deux premiers ont bien compris le geste et « aussitôt », souligne le texte, ils se mettent en route pour faire valoir l’argent reçu.

Leur maître les connaît bien. Il donne à chacun selon ses capacités. Peut-être pour s’assurer un meilleur rendement (quoi que… il aurait pu alors tout confier au premier qui semble le plus efficace), mais aussi il ne veut pas écraser ses serviteurs par une tâche qui serait trop lourde pour eux. C’est une marque de respect. La confiance et le respect donnent généralement des ailes. Les deux premiers serviteurs doublent le capital reçu. Et quand le maître revient, ils sont heureux de lui apporter la somme augmentée de 100%.

Le troisième, mine sombre, sans doute, parle durement à un maître qu’il trouve dur. Il n’a pas su reconnaître la confiance et le respect dont il a bénéficié. Il a enterré l’argent, il le rend. Il pense être quitte. Il n’entre pas en relation avec son maître. Il n’y a pas de croissance possible. Ni économique ni, surtout, relationnelle. La confiance non reçue ne peut grandir ni faire grandir la personne à laquelle elle est adressée. Ils ne peuvent que se séparer. Lui ne peut, n’arrive pas, à entrer dans la joie de son maître. Il n’envisage pas de joie possible puisqu’il croit que son maître est dur. Il se croit encore moins invité à entrer dans cette joie, après avoir fait fructifier les biens du maître comme s’ils étaient siens. Il s’est fermé, n’a pas « reçu », pas accueilli ce que son maître essayait de lui donner de lui-même.

Et nous, êtres humains, comment avons-nous reçu les biens du Seigneur notre Dieu ? Il a confié à l’homme toute sa création. Le septième jour, il s’est retiré, comme parti en voyage… Il ne nous a pas confié au-delà de nos forces car c’est lui qui nous a donné la force, l’intelligence, tout le nécessaire pour nous permettre de faire vivre, croître, embellir la création pour le bien de tous. N’avons-nous pas souvent enterré ce bien, même pire, pris possession de ce bien, ne l’avons-nous pas abîmé alors qu’il nous est confié mais ne nous appartient pas… Et ne pensons-nous pas parfois aussi que Dieu est dur ?

 

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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Publié le 8 Novembre 2020

Méditation pour ce dimanche

Sg 6, 12-16 ; Ps 62 ; 1 Th 4, 13-18 ; Mt 25, 1-13

On sent que l’Avent approche. La fin de l’année liturgique nous appelle à la vigilance, nous entraîne à l’attente (comme un entraînement sportif), nous remet en condition.

L’évangile est bien connu. Trop, alors ça risque de glisser. Heureusement, il étonne toujours. Les pauvres distraites qui restent sur le carreau !

Tout d’abord, l’évangile ici ne prône pas la veille car elles s’endorment toutes. Il invite à être prêts lorsque le Seigneur viendra. Et cela, personne ne peut le faire à notre place. De l’huile pour des lampes, on pourrait s’en prêter. Mais l’huile pour notre lampe intérieure, l’attente amoureuse, le désir… nous en sommes seuls responsables. L’Église, par la liturgie, les temps liturgiques, vient doucement nous réveiller, nous remettre en route, raviver notre désir, nous inviter à être prêts.

De plus, l’évangile ne nous permet pas de juger les autres. Il n’y a pas les bons (nous bien sûr) qui sont prêts et les autres, ces négligents qui… Je me souviens du Père Mourlon Beernaert expliquant que dix, deux groupes de cinq… ce sont nos deux mains. Nous sommes les deux : vierges sages et vierges folles.

Le côté qui peut paraître abrupt, tranché, de l’évangile, est adouci par la première lecture tirée de la Sagesse. Il ne faudrait pas passer trop vite sur cette lecture, la prenant comme une sorte d’apéritif en attendant le plat consistant qu’est l’évangile. Ils vont ensemble, s’éclairent mutuellement et l’évangile n’est compréhensible qu’à partir de l’Ancien Testament.

La lecture de ce jour invite à rechercher la Sagesse sans se lasser. Ce chemin est décrit comme une rencontre amoureuse. La Sagesse se laisse contempler par ceux qui l’aiment. Elle devance notre désir, se laisse trouver par qui la cherche, vient à nos devant, elle se fait connaître. Elle s’avance souriante vers celui qui la cherche. Veiller pour elle n’est pas un poids, un fardeau mais ôte tout souci.

Dans l’évangile, il était question de noces. Les jeunes femmes attendent l’époux. Le texte ne parle pas de l’épouse. La première lecture nous suggère qu’il s’agit de nous, de tous les baptisés, porteurs de lampe, de tous ceux qui cherchent la Sagesse, l’aiment, la contemplent…

Car la Sagesse dont il est question n’est pas simplement humaine, Ce n’est pas une simple philosophie, il s’agit du chemin spirituel, il s’agit de chercher Dieu, de se laisser guider par son Esprit.

Cherchons-la dès l’aurore, ayons à cœur de chercher Dieu avant tout et nous trouverons la Sagesse assise à notre porte.

Ces lectures sont motivantes. L’attente dont la liturgie nous parle et nous parlera au long des semaines qui viennent, n’est pas pesante, elle est source de Joie.

Et une joie que même la mort ne peut atteindre. La Sagesse nous invite à la foi : « Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons aussi, Dieu, par Jésus, emmènera ceux qui se sont endormis dans la mort avec lui » !

 

Sr Annick

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Rédigé par Sr Annick Somville

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